Pierre Vincent – Photographe » De Aalen à Lyon

De Aalen à Lyon

Autant vous le dire tout de suite, je me sens d’humeur bavarde et j’ai prévu de raconter ma vie… Vous continuez donc cette lecture à vos risques et périls.

Un long voyage ? Oui, un peu, 9h de trains divers et variés. Ça fait une belle journée. Mais un voyage à l’ancienne plutôt, un de ces trajets qui prend la journée surtout, avec plusieurs grandes lignes, plusieurs gares et le temps de profiter de chaque escale.

Aalen, départ – Je laisse sur le quai le plus joli des lutins rouges alors que se ferment les portes. C’est parti. Les trains IC (inter-city) Allemands sont à l’image des nôtres : Confortable et propres. Les allemands sont civilisés, et à part un couple de français qui s’exprime à grand bruit, on entend que le bruit de roulement, et la campagne qui défile. Sans doutes mes talents de Germanophone sont-ils inscrits quelque part sur mon manteau, puisque après avoir négocié le prix de mon billet avec un contrôleur très « swabish » dont l’accent n’est pas sans évoquer les grommellements d’une machine à laver chargée d’oreillers, me voici à renseigner un jeune garçon sur l’identité de la prochaine halte. À moins que je n’ai une tête (ou pire, un look) d’allemand, ce qui après un bref aperçu de quelques jours ne passerait pas à mes oreilles pour un réel compliment.
Le lent balancement du train me berce et je me prends à rêver de choses que je ne saurais décrire ici sans froisser les chastes oreilles.

Stuttgart – 1h d’arrêt – À quoi ressemble donc Stuttgart, berceau de Mercedes ? Je n’en sais fichtre rien. À la japonaise, j’ai une heure pour me faire une idée, appareil en main. Qui plus est, cela fait un long moment que je n’ai pas pratiqué le reportage urbain, et par bonheur, j’ai mon appareil photo sur le dos.
Une grand rue piétonne et large qui donne sur une immense place de bâtiments modernes faisant face à un palais que n’auraient pas reniés les Habsbourg. Sur la place, comme il sied à une grande ville, une enfilade de chalets donne un air alpestre à ce marché de Noël urbain. Derrière lui, seule attraction ouverte, petits et grands patinent sur glace. C’est donc ça, une grande ville allemande un jour férié.

 

Il est urgent que je me remette à la photo urbaine tant les sujets ne manquent pas, et tant l’inspiration est longue à venir.

Stuttgart est aussi un endroit civilisé… Et on y sert le Mocha Blanc différemment d’ailleurs.

TGV Est – 1h30 de voyage – Le temps de perfectionner à nouveau mon Allemand avec une vielle dame qui cherche son train et une autre qui souhaite échanger de place avec moi pour être dans le sens de la marche, et le trajet reprend dans un TGV rénové, ou presque.

 

Dommage, un vrai clavier n’aurait pas été de refus.

Un tel voyage, c’est le moment pour un peu de Pink Floyd… « Soo, so you think you can tell, heaven from hell, blue skies from pain…. Oh, I Wish, oh I wish you were here ». Ça et les solos de saxophones de ce joli Live accompagnent les dernières pages du « Trône de fer ».

Karlsruhe – On annonce une correspondance pour Baden-Baden, et je serais presque tenté de sauter dedans. Le train se vide puis se re-rempli. Je change mon amie à usage unique. D’une Hockeyeuse est-allemande, je passe à une grande Gretchen élégante qui s’excuse d’un sourire d’envahir l’espace dévolu à mon chapeau avec sa chapka à l’odeur de roses.

Strasbourg – 2h d’escale – Jolie ville à visiter de jour, alors que le soleil perce par endroits le ciel gris d’hiver. Un centre-ville sympa, et une cathédrale gothique tout en modestie (Pas certain qu’elle brûle bien, mais ça vaudrait le coup d’essayer). De balade en ruelles, d’échoppes en café, de photos en rencontres, voilà un bel endroit où flâner.

La cathédrale aura l’honneur d’un article isolé pour rendre honneur aux détails de ces jolies sculptures.

TGV sud – 4h de voyage – Un énorme soleil couchant, gorgé d’humidité sous une mer de nuage salue notre départ et éclaire la campagne plate à n’en plus finir pour quelques minutes encore. Plus de photos possible, un TGV qui roule ne permet pas spécialement de faire de belles images nocturnes.

À cette vitesse, peut-être rattrape-t-on le soleil, il n’en fini pas de se coucher, le ciel est orange, et éclairé ainsi, la campagne est superbe.

La nuit à fini par tomber à Belfort, et c’est maintenant une fine lueur orangée qui découpe l’horizon et la campagne, alors qu’au dessus le ciel bleu nuit laisse apparaître le mince fil souriant de la lune nouvelle surmontée d’une paire d’étoiles.

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3 commentaires pour “De Aalen à Lyon”

  1. Très jolies photos de Strasbourg! Ca donne envie d’aller s’y balader (ça tombe bien, puisqu’on va le faire :-)
    J’aime bien aussi celle de Starbuck. Cadrage et couleurs.

    Et le texte, les rêveries, le soleil couchant (le train devrait prendre le temps d’une halte pour les besoins photographiques dans ce genre de conditions!)

  2. J’ai demandé au contrôleur si on pouvait s’arrêter deux minutes le temps que je prenne des photos… Il n’était pas très chaud.

  3. A défaut d’avoir le look allemand, tu semble avoir ramené un peu de romantisme allemand…

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