Pierre Vincent – Photographe » Le retour des petites histoires

Le retour des petites histoires

Aujourd’hui, quelqu’un qui se reconnaitra m’a dis à mot couvert que les petites tranches de vie qui parsemaient mon ancien blog (toujours consultable sur www.20six.fr/lestat/) manquaient sur le nouveau. Après une petite journée de réflexion et de consultations internes, je me suis dis qu’effectivement, ça manquait. Et du coup, je reprends avec l’histoire d’aujourd’hui, déjà diffusée dans des cercles beaucoup plus restreints.

A l’avenir, quand l’envie me prendra à nouveau d’écrire sur ces petits moments de vie, je les posterais ici… car c’est vrai que ça manque.

En préambule, et pour clarifier ce que « j’attends de vous », je voudrais juste poster un extrait (très) connu d’un poème de Yeats, qui sera certainement présent à chaque début de ce genre d’article.

I have spread my dreams beneath your feet;
Tread softly because you tread on my dreams…

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Dans les couloirs du métro B, station Part-Dieu, en sortant du métro, pas très bien réveillé, mon livre encore ouvert sur les aventures du Jeune Nevare Burvelle, j’entends un bruit caractéristique. Un tac-tac qui semble avoir chez moi et chez de nombreux autres hommes le même pouvoir viscéralement ancré. Un bruit de talons haut dans un rythme de démarche rapide, comme une musique entêtante dont on ne peut faire autrement que de chercher l’origine.

La source est là, à 10metres devant moi. Une paire de talons d’au moins 8cm, en bois, sous des chaussures vernies de couleur grises. Lesquels chaussures servent d’écrin à une paire de jambe recouvertes du voile sombre des collants semi-opaques. Surmontant ces jambes, à deux petits centimètres sous la zone où la douceur des cuisses devient la rondeur des fesses volette un pare-dessus en toile sombre. Au dessus de la ceinture détachée se trouve la pointe de longs cheveux blonds et lisses, lesquels remontent jusqu’à la tête de la jeune demoiselle à l’age indéfinissable… Entre 18 et 30ans. Le tout culminant à 1m55 maximum, taille que je connais bien.
De face, la vision est tout aussi belle, sa coiffure douce descendant de part et d’autre du visage, à peine maquillé de façon simple et gentille.  Sous le pare-dessus, une robe fluide vert sombre avec un petit col rond proche du cou et dont le bas vient effleurer le bas du pare-dessus.
La jeune fille marche vite pour démarrer sa journée, et je ne saurais dire si elle rougit légèrement de savoir qu’à chaqu’un de ses pas, le mouvement polisson des tissus découvre le temps d’un battement de paupière les coutures qui marquent la partie intime d’une paire de collants.
Plus que l’apparence, c’est l’imaginaire qui prends ici le pas et se plait à divaguer sur les intentions de cette jeune fille, dont toute la tenue semblait ici dédiée à un (ou une) partenaire attentionné(e). Tout semble pensé comme un cadeau, une tenue potentielement inconfortable mais tellement jolie.
Rien dans sa démarche et son apparence n’est vulgaire, et la considérer sexy serait même dévalorisant alors qu’elle semble simplement amoureuse. Alors que le train démarre et que la jeune fille est loin, je me prends à réver de ces talons, ces collants, ce pare-dessus et cette robe verte sur une autre petite blonde aux cheveux lisses, avec les mêmes intentions.

Qu’il est doux d’être destinataire d’un tel cadeau.


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