Le train de 18h01
Le train de 18h01, le vendredi soir, c’est un peu le trop plein de St Etienne qui déborde de ses lyonnais assimilés le temps d’une semaine, et qui les rends à leur ville. C’est le moment tant attendu d’une fin de semaine qui permet de récupèrer un peu, avant que le lundi matin n’arrive, et ne ramène tout ce beau monde vers les joies de la vie économique.
Sur la rangée devant moi, deux ouvriers dorment la bouche ouverte. Leurs pantalons tâchés de peinture et leurs yeux sertis de cernes me rappellent doucement qu’ingénieur, c’est bien aussi. A coté d’eux, une dame caresse son ventre rebondi en sortant un à un des pulls, des grenouillères et des petit lainage taille 2mois. Son sourire est ému, et elle verse presque une larme à chaque fois qu’une nouvelle pièce arrive. Une fois fini, elle range religieusement ses reliques dans son sac Z, puis l’ouvre et regarde son butin entassé avec les yeux de l’appréhension heureuse.
A coté, une jeune étudiante rentre pour la semaine. Sac énorme sur le siège, du linge sale sans doutes. Elle révise déjà ses cours en regardant autour d’elle comme si une fois de plus, ce week end là risquait de ses passer au dessus d’une feuille de papier, un crayon à la main. Elle porte la chemise à carreau qu’on voyait l’année dernière sur les podium Dior et Gauthier, et si celle-ci est très jolie vue de face, elle permet de constater, quand on est dans le bon angle, que cette jolie jeune fille a un grain de beauté sous le sein droit. Elle regarde passer les voyageurs comme moi, en souriant tel Max 452 dans ses grands jours à tous ceux qui ont la mine baroudeuse et le blouson en cuir. Je n’y ai pas eu droit… Il faut peut-être que je me trouve un cuir.
En face d’elle, vêtue d’escarpins Vuitton, d’une paire de collants sans accroc, d’une robe-pull blanche en laine et d’un carré de soie hermes autour du cou, une autre jeune fille ce maquille, son fond de teint dans une main, son Iphone dans l’autre. Tout est différent dans ces deux jeunes filles, tout sauf le sourire.
Derrière moi, d’autres dorment, discutent ou écoutent leur musique avec plus ou moins de discrétion.
Et moi, que dirait-on de moi si on m’observait sans pudeur mais avec respect, comme je le fais actuellement.
Mal rasé, travaillant sans doutes après avoir sorti son ordinateur d’une absurde pochette rose fluo, souriant à son écran, et regardant la lumière du soleil peindre le paysage du Gier pour lui donner son unique moment de beauté quotidien. Observant autour de lui, sans assumer mais sans vraiment se cacher non plus.
Ce train n’est pas une arche de Noé, il ne sauve personne et ne préserve rien. C’est une balançoire au mouvement perpétuel et saccadé. Au bout du trajet, nous vivrons un bref moment d’apesanteur heureuse, avant de repartir dans l’autre sens, Lundi matin.













C’est mignon mais ça ne va nulle part tout ça ;)
Le sourire d’une Max en chaleur, bah dis donc, tu m’étonnes qu’il te faut un cuir xD
Y’a-t-il besoin d’aller quelque part pour faire un bon article ?
Mais non mais non espèce de contemplatif.
C’est drôle, je me fais les mêmes réflexions quand je monte dans le tram ou le métro ^^. Je note inconsciemment les anecdotes, les phrases, les mimiques des gens qui m’entourent… Je me suis toujours demandée comment faisaient les photographes si ils voulaient prendre les gens en photos, là, comme ça, dans les transport en commun… Moi il m’arrive de griffonner mes gribouillis sur un coin de carnet, mais si jamais le sujet lève un sourcil vers moi et que je me sens épiée, tout se bloque… Je me dis toujours que les gens doivent me prendre pour quelqu’un de super impudent…
Tu es surtout quelqu’un qui dessine super bien, du coup je pense pas que les gens s’offusqueraient de t’inspirer, au contraire!